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La pierre naturelle en salle de bain repose sur un critère technique décisif : le taux d’absorption d’eau. Le granit absorbe 0,1 à 0,4 % d’eau, le marbre 0,2 à 0,5 %, le travertin jusqu’à 5 %. Choisir la mauvaise pierre dans la mauvaise zone garantit des problèmes d’humidité, de moisissures et de dégradation en moins de 3 ans.
Quelle pierre pour quelle zone ?
Toutes les pierres naturelles ne conviennent pas à un usage en milieu humide. Le tableau ci-dessous classe les options par taux d’absorption :
| Pierre | Absorption d’eau | Zone douche | Plan vasque | Sol | Murs secs |
|---|---|---|---|---|---|
| Granit | 0,1 à 0,4 % | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ |
| Quartzite | 0,1 à 0,2 % | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ |
| Ardoise | 0,1 à 0,3 % | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ |
| Marbre | 0,2 à 0,5 % | Avec traitement | ✓ | ✓ | ✓ |
| Pierre calcaire | 0,5 à 3,0 % | ✗ | ✓ | ✗ | ✓ |
| Travertin | 1,0 à 5,0 % | ✗ | ✗ | ✗ | Rebouché uniquement |
Le granit : fiabilité maximale
Le granit est le matériau le plus sûr pour les salles de bain. Sa faible porosité le rend naturellement résistant à l’humidité permanente. Un traitement hydrofuge tous les 2 à 3 ans suffit. Le comparatif granit vs quartz détaille ses avantages face au quartz reconstitué, qui convient aussi en salle de bain.
Le marbre : esthétique sous conditions
Le marbre fonctionne très bien en salle de bain à condition d’être traité et entretenu. Privilégiez une finition brossée ou adoucie pour le sol — le poli miroir devient dangereux dès qu’il est mouillé. Budget traitement annuel : 30 à 60 € pour une salle de bain de 6 m².
L’ardoise : caractère contemporain
L’ardoise offre une surface naturellement texturée qui assure une adhérence au sol même mouillée. Sa résistance à l’eau égale celle du granit, pour un budget inférieur de 20 à 30 %. Seul bémol : la palette de couleurs se limite aux gris, noirs et verts foncés.
Les quatre zones d’une salle de bain
Chaque zone subit des contraintes différentes. Les traiter de la même manière est une erreur courante.
Zone de douche et baignoire
C’est la zone la plus exposée : projections constantes, vapeur, variations de température entre 15 et 40 °C. Utilisez exclusivement du granit, de la quartzite ou de l’ardoise. Le jointoiement exige un mortier hydrofuge spécial pierre naturelle — jamais un joint ciment classique qui se fissure en 6 mois sous l’effet de la chaleur humide.
Plan de vasque
Le plan de vasque subit des projections d’eau, de savon et de cosmétiques (parfums, dissolvants, crèmes). Le marbre et le granit conviennent. Prévoyez un rebord surélevé de 5 mm minimum pour empêcher l’eau de couler le long des meubles.
Sol
Le sol doit offrir une adhérence suffisante pour éviter les glissades. Choisissez une finition brossée, flammée ou clivée avec un coefficient d’adhérence R10 minimum (norme DIN 51130). Le poli miroir au sol d’une salle de bain ? C’est un risque de chute à chaque sortie de douche.
Murs hors zone humide
Les murs éloignés des points d’eau offrent plus de liberté. Marbre, pierre calcaire et travertin rebouché y trouvent leur place. Les tendances actuelles privilégient les grands formats en bookmatching sur le mur principal.
Étanchéité : trois niveaux de protection
L’étanchéité conditionne la durée de vie de toute salle de bain en pierre naturelle. Trois barrières doivent être en place :
- Sous la pierre — Membrane d’étanchéité (SPEC, Mapei, Weber) sur toute la surface de douche et le pourtour de baignoire. Coût : 25 à 40 €/m² posée
- Dans les joints — Mortier hydrofuge compatible pierre naturelle. Les joints ciment classiques se fissurent et laissent passer l’eau en moins d’un an
- Sur la pierre — Traitement hydrofuge-oléofuge pénétrant, renouvelé tous les 12 à 24 mois. Ce traitement n’altère ni l’aspect ni la couleur de la pierre
Négliger un seul de ces trois niveaux, c’est créer un passage pour l’humidité. L’eau s’infiltre sous la pierre, décolle le mortier et provoque des moisissures invisibles pendant des mois.
Entretien adapté
La pierre naturelle en salle de bain demande des produits spécifiques :
- Rincez les parois de douche après chaque utilisation — 30 secondes suffisent pour limiter 80 % des dépôts de calcaire
- Nettoyez avec un produit pH neutre (pH 7) spécial pierre naturelle. Prix : 8 à 15 € le litre, un litre dure 2 à 3 mois
- Bannissez les anticalcaires classiques (Viakal, Cillit Bang). Leur pH acide (entre 2 et 4) attaque le marbre et la pierre calcaire
- Traitez les joints au bicarbonate de soude si des traces de moisissure apparaissent
- Renouvelez le traitement hydrofuge tous les 12 à 24 mois selon la fréquence d’utilisation
Si votre sol en pierre a perdu son éclat après plusieurs années, la rénovation par ponçage et cristallisation lui redonne son aspect d’origine pour 70 à 130 €/m² — contre 200 à 500 €/m² pour un remplacement complet.
Les cinq erreurs qui coûtent cher
- Poser du travertin non rebouché en douche — Les pores ouverts retiennent l’humidité et les moisissures s’installent en 3 à 6 mois
- Oublier la membrane d’étanchéité — La pierre seule ne protège pas le support. L’eau traverse les joints et attaque la structure
- Nettoyer au vinaigre blanc — Ce produit acide (pH 2,5) dissout la calcite du marbre et laisse des taches blanches mates irréversibles
- Choisir un poli miroir au sol — Coefficient d’adhérence quasi nul mouillé. Risque de chute réel, responsabilité engagée en cas d’accident
- Sous-dimensionner la pente d’évacuation — La pierre naturelle tolère moins bien les stagnations d’eau que le carrelage. Pente minimale recommandée : 1,5 % vers le siphon
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